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Acheter un bien immobilier au Maroc en tant qu'étranger : Guide 2026

Guide complet pour acheter un bien au Maroc en tant qu'étranger ou MRE : droits, processus, transfert de fonds, fiscalité et financement en 2026.

Mis à jour le 15 mars 2026

Acheter un bien immobilier au Maroc en tant qu’étranger : Guide 2026

Le Maroc attire chaque année davantage d’investisseurs étrangers et de Marocains résidant à l’étranger (MRE) souhaitant acquérir un bien immobilier. Que ce soit pour une résidence secondaire, un investissement locatif ou un projet de retraite, le pays offre un cadre juridique sécurisé, des prix attractifs par rapport aux standards européens, et un potentiel de rendement significatif.

Ce guide couvre l’ensemble du processus d’acquisition pour les non-résidents : droits légaux, procédure d’achat, transfert de fonds, fiscalité, financement et pièges à éviter.

Droits des étrangers : ce qu’on peut et ne peut pas acheter

Le principe : liberté d’acquisition

Le Maroc est l’un des pays les plus ouverts d’Afrique en matière d’investissement immobilier étranger. Tout étranger, quelle que soit sa nationalité, peut librement acquérir les types de biens suivants : appartements en milieu urbain, villas et maisons individuelles, riads (maisons traditionnelles dans les médinas), terrains urbains et terrains constructibles en zone urbaine, locaux commerciaux et professionnels, et biens en copropriété.

Il n’existe pas de quota, pas de restriction sur le nombre de biens, et pas d’obligation de résidence. Un investisseur français, canadien ou émirati peut posséder autant de biens qu’il le souhaite au Maroc.

L’exception : les terrains agricoles

La principale restriction concerne les terrains à vocation agricole situés en zone rurale. La loi marocaine interdit aux étrangers (non-marocains) d’acquérir directement des terres agricoles. Cette restriction vise à protéger le patrimoine foncier rural.

Cependant, il existe des solutions alternatives. La première est l’acquisition via une société de droit marocain (SARL ou SA) : la société, même détenue à 100% par un étranger, peut acquérir des terrains agricoles à condition de les affecter à un projet agricole agréé. La seconde est le bail emphytéotique : un bail de longue durée (jusqu’à 99 ans) qui offre des droits similaires à la propriété sans transfert de titre.

Le cas des biens collectifs et Habous

Certains terrains au Maroc sont des terres collectives (appartenant à des collectivités ethniques) ou des biens Habous (biens de mainmorte gérés par le Ministère des Habous). Ces biens ne sont pas cessibles aux étrangers, et souvent pas non plus aux Marocains à titre individuel. Avant tout achat, vérifiez le statut juridique du bien avec votre notaire.

Hall d'arrivée d'un aéroport avec voyageurs
Les MRE et étrangers de retour au Maroc pour concrétiser leur projet immobilier

Cas spécial des MRE (Marocains résidant à l’étranger)

Un statut hybride

Les Marocains résidant à l’étranger bénéficient d’un statut particulier. Étant de nationalité marocaine, ils ne sont soumis à aucune restriction foncière : ils peuvent acheter des terrains agricoles, des biens en zone rurale, et tout type de propriété sans limitation.

En revanche, pour le volet financier, les MRE sont soumis à la réglementation de l’Office des Changes comme tout non-résident. Leurs transferts de fonds doivent transiter par un compte en dirhams convertibles pour bénéficier de la garantie de rapatriement.

Avantages spécifiques pour les MRE

Les MRE bénéficient de plusieurs avantages dans le cadre de l’acquisition immobilière au Maroc.

Programme Daam Sakane : Les MRE primo-accédants sont éligibles au programme Daam Sakane, qui offre une aide directe de 70 000 à 100 000 MAD pour l’achat d’un logement dont le prix ne dépasse pas 700 000 MAD.

Crédit immobilier dédié : Les banques marocaines proposent des offres de crédit spécifiques pour les MRE, avec des taux compétitifs et la possibilité de rembourser en devises. La Banque Populaire, via sa filiale Chaabi Bank en Europe, est le principal acteur sur ce segment.

Exonération de droits de douane : Les MRE qui s’installent définitivement au Maroc bénéficient d’une exonération de droits de douane sur leurs effets personnels et leur mobilier.

Processus d’achat étape par étape

Étape 1 : Définir votre projet et votre budget

Avant de vous déplacer au Maroc, clarifiez votre objectif (résidence secondaire, investissement locatif, retraite), votre budget total (prix d’achat + frais + ameublement), la ville et le quartier ciblés, et le type de bien recherché.

Utilisez notre convertisseur de devises pour estimer votre budget en dirhams à partir de votre devise d’origine.

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Étape 2 : Ouvrir un compte bancaire au Maroc

Avant tout achat, ouvrez un compte en dirhams convertibles auprès d’une banque marocaine. Ce compte est indispensable pour recevoir les fonds depuis l’étranger et garantir la traçabilité de votre investissement (condition sine qua non pour le rapatriement futur).

Les documents nécessaires pour l’ouverture de compte sont : le passeport en cours de validité (et la CIN pour les MRE), un justificatif de domicile dans le pays de résidence, une attestation de revenus ou un avis d’imposition, et un formulaire de non-résidence fiscale au Maroc.

Les principales banques habituées à la clientèle non-résidente sont Attijariwafa Bank, BMCE Bank of Africa, Banque Populaire et CIH Bank. Comptez 2 à 5 jours ouvrables pour l’ouverture effective du compte.

Étape 3 : Rechercher et visiter des biens

Vous pouvez commencer votre recherche en ligne via les portails immobiliers marocains (Mubawab, Avito, Sarouty) ou faire appel à une agence immobilière locale. Les frais d’agence au Maroc sont généralement de 2,5% du prix de vente TTC, à la charge de l’acheteur (négociable dans certains cas).

Lors de vos visites, soyez attentif aux points suivants : l’état général du bien et les travaux éventuels à prévoir, la situation juridique (titre foncier, absence d’hypothèques ou de litiges), la conformité urbanistique (permis de construire, certificat de conformité), l’état de la copropriété le cas échéant (charges, travaux votés, syndic), et l’environnement immédiat (nuisances, projets urbains à venir).

Signature de documents juridiques chez le notaire
Le notaire, acteur incontournable de l'achat immobilier au Maroc

Étape 4 : Vérifications juridiques

C’est l’étape la plus critique. Avant de signer quoi que ce soit, votre notaire doit effectuer les vérifications suivantes.

Titre foncier : Le bien doit être inscrit à la Conservation Foncière avec un titre foncier propre (pas de prénotation, pas d’hypothèque non levée, pas de saisie). Demandez un certificat de propriété récent (moins de 3 mois).

Situation urbanistique : Vérifiez que le bien est conforme au plan d’aménagement de la commune (plan de zonage), qu’il dispose d’un permis de construire et d’un certificat de conformité (pour les constructions récentes).

Absence de litiges : Le notaire vérifie auprès du tribunal compétent qu’aucune action judiciaire n’est en cours concernant le bien.

Biens non titrés : Certains biens, notamment dans les médinas anciennes et les zones rurales, ne sont pas immatriculés à la Conservation Foncière (biens “melkia”). L’acquisition de ces biens est possible mais comporte un risque juridique supérieur. Il est fortement recommandé de procéder à l’immatriculation avant l’achat.

Étape 5 : Signer le compromis de vente

Le compromis de vente (ou promesse synallagmatique de vente) est signé devant notaire. Il engage les deux parties et fixe les conditions de la vente : le prix de vente, les modalités de paiement, la date limite de signature de l’acte définitif (généralement 60 à 90 jours), les conditions suspensives (obtention du crédit si applicable), et les pénalités en cas de désistement.

Un acompte de 10% du prix est généralement versé et consigné chez le notaire. Cet acompte est restitué si une condition suspensive ne se réalise pas (par exemple, refus du crédit).

Étape 6 : Transférer les fonds

Transférez le montant de l’acquisition depuis votre compte étranger vers votre compte en dirhams convertibles au Maroc. Le virement international prend généralement 2 à 5 jours ouvrables. Conservez précieusement tous les justificatifs de transfert (avis de crédit, messages SWIFT) : ils seront indispensables pour le rapatriement futur.

Le taux de change est celui du marché interbancaire au moment du transfert. Votre banque prélèvera une commission de change de 0,5 à 2% selon l’établissement et le montant. Pour les montants importants (supérieurs à 1 000 000 MAD), négociez un taux préférentiel avec votre banque.

Étape 7 : Signer l’acte de vente définitif

L’acte de vente définitif est signé devant notaire en présence des deux parties (ou de leurs mandataires munis d’une procuration notariée). Le notaire procède au paiement du vendeur, à l’enregistrement de l’acte auprès de la Direction Générale des Impôts (droits d’enregistrement de 4%), à l’inscription de la mutation à la Conservation Foncière (frais de 1,5% + 100 MAD), et à la remise des clés et du titre de propriété.

Pour les non-résidents qui ne peuvent pas se déplacer, il est possible de donner une procuration notariée à un mandataire de confiance (avocat, notaire, proche) pour signer à votre place.

Transfert de fonds international via une application bancaire
Le transfert de fonds vers le Maroc — une étape clé encadrée par l'Office des Changes

Transfert de fonds et Office des Changes

Réglementation des changes

L’Office des Changes est l’autorité marocaine qui régit les flux de capitaux entre le Maroc et l’étranger. Pour les investisseurs étrangers, le respect de la réglementation des changes est crucial car il conditionne la possibilité de rapatrier les fonds en cas de revente.

Investissement en devises : la règle d’or

Pour bénéficier de la garantie de rapatriement, votre investissement immobilier doit être financé par des devises importées et créditées sur un compte en dirhams convertibles. La chaîne de traçabilité doit être parfaite : virement international identifié vers votre compte convertible au Maroc, puis paiement du bien depuis ce compte via le notaire.

Si vous financez l’achat par un crédit immobilier local, la garantie de rapatriement ne couvre que la part financée en devises importées (l’apport personnel d’origine étrangère).

Rapatriement des fonds lors de la revente

Lors de la revente du bien, vous pouvez rapatrier les montants suivants : le capital initialement investi en devises (intégralement), la plus-value nette réalisée (après paiement de la taxe sur les profits immobiliers), et les revenus locatifs nets (après paiement de l’IR locatif).

La procédure de rapatriement passe par votre banque marocaine, qui vérifie la conformité du dossier avant d’effectuer le transfert vers votre compte à l’étranger. Les documents requis comprennent l’acte d’achat initial, l’acte de vente, les justificatifs de transfert des fonds initiaux (SWIFT), le quitus fiscal (certificat d’acquittement des impôts), et une attestation du notaire.

Le délai de traitement est généralement de 2 à 4 semaines.

Revenus locatifs : rapatriement courant

Si vous louez votre bien au Maroc, les revenus locatifs nets (après impôts) peuvent être rapatriés librement vers votre pays de résidence. Votre banque marocaine effectuera le transfert sur présentation d’une attestation de revenus locatifs et du justificatif de paiement des impôts correspondants.

Fiscalité : ce que paie un propriétaire non-résident

Impôts à l’acquisition

Les droits d’enregistrement s’élèvent à 4% du prix d’achat déclaré dans l’acte. Les frais de conservation foncière sont de 1,5% du prix + 100 MAD. Les honoraires du notaire varient de 0,5% à 1,5% HT du prix (minimum 2 500 MAD), auxquels s’ajoute la TVA de 20%. Les timbres fiscaux représentent quelques centaines de MAD. Au total, les frais d’acquisition représentent 6 à 7% du prix d’achat.

Impôts annuels (bien non loué)

La taxe d’habitation s’applique aux biens à usage d’habitation occupés ou vacants. Elle est calculée sur la valeur locative annuelle du bien, avec des taux progressifs : 10% pour la tranche de 0 à 5 000 MAD de valeur locative annuelle, 20% de 5 001 à 20 000 MAD, et 30% au-delà de 20 000 MAD.

La taxe des services communaux s’ajoute à la taxe d’habitation, au taux de 10,5% de la valeur locative annuelle en zone urbaine.

Important : les résidences secondaires des non-résidents ne bénéficient pas de l’exonération de 5 ans accordée aux résidences principales.

Impôts sur les revenus locatifs

Si vous louez votre bien, les revenus sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) au Maroc. Vous avez le choix entre deux régimes.

Régime forfaitaire : Un abattement de 40% est appliqué sur les revenus locatifs bruts, et l’IR est calculé sur les 60% restants selon le barème progressif (de 10% à 38%).

Régime réel : Vous déduisez vos charges réelles (entretien, gestion, assurances, intérêts d’emprunt) de vos revenus bruts, et l’IR s’applique au résultat net.

Pour un revenu locatif annuel brut de 120 000 MAD, le régime forfaitaire donne un revenu imposable de 72 000 MAD, soit un IR d’environ 10 800 MAD (taux effectif d’environ 9% du brut). Le régime réel peut être plus avantageux si vos charges dépassent 40% du revenu brut.

Taxe sur les profits immobiliers (en cas de revente)

La plus-value réalisée lors de la revente est soumise à la taxe sur les profits immobiliers (TPI). Le taux est de 20% du profit net (prix de vente moins prix d’achat revalorisé moins frais d’acquisition), avec un minimum de 3% du prix de vente.

Le prix d’achat est revalorisé par un coefficient d’actualisation publié chaque année par l’administration fiscale (généralement 2 à 3% par an), ce qui réduit la base imposable.

Exemple : un bien acheté 1 000 000 MAD en 2026 et revendu 1 400 000 MAD en 2030. Le prix d’achat revalorisé (coefficient estimé de 2,5%/an sur 4 ans) : environ 1 103 800 MAD. Les frais d’acquisition déductibles : environ 70 000 MAD. Le profit net : 1 400 000 - 1 103 800 - 70 000 = 226 200 MAD. La TPI : 20% x 226 200 = 45 240 MAD (supérieur au minimum de 3% x 1 400 000 = 42 000 MAD, donc on retient 45 240 MAD).

Convention de non-double imposition

Le Maroc a signé des conventions fiscales avec plus de 50 pays, dont la France, la Belgique, le Canada, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis. Ces conventions évitent la double imposition : les impôts payés au Maroc sont généralement déductibles ou créditables dans le pays de résidence.

Pour les résidents fiscaux français, la convention franco-marocaine prévoit que les revenus fonciers de source marocaine sont imposables au Maroc et exonérés en France (avec prise en compte pour le calcul du taux effectif d’imposition). La plus-value immobilière est imposable au Maroc.

Consultez un fiscaliste spécialisé en droit international pour optimiser votre situation fiscale en fonction de votre pays de résidence.

Financement : le crédit pour non-résidents

Conditions d’éligibilité

Les banques marocaines accordent des crédits immobiliers aux non-résidents (étrangers et MRE) sous certaines conditions plus strictes que pour les résidents.

Apport minimum : 20 à 30% du prix d’achat (contre 10-20% pour les résidents).

Taux : Les taux sont généralement majorés de 0,2 à 0,5 point par rapport aux taux résidents, soit une fourchette de 4,20% à 5,50% en mars 2026.

Durée maximale : Souvent limitée à 20 ans (contre 25 ans pour les résidents), et le crédit doit être remboursé avant les 65 ans de l’emprunteur.

Revenus : La banque exige des justificatifs de revenus du pays de résidence : fiches de paie, avis d’imposition, relevés de compte. Les documents en langue étrangère doivent être traduits par un traducteur assermenté.

Banques les plus actives avec les non-résidents

Banque Populaire / Chaabi Bank : Leader historique auprès des MRE, avec des agences en France, Belgique, Italie et Espagne. Offre de crédit “Bladi” spécifiquement conçue pour les MRE.

Attijariwafa Bank / Wafasalaf : Réseau européen via ses filiales (Attijariwafa Bank Europe). Processus de crédit simplifié pour les MRE avec accord de principe rapide.

BMCE Bank of Africa : Présence européenne forte, offre de crédit adaptée aux non-résidents avec possibilité de remboursement en devises.

CIH Bank : Spécialiste historique de l’immobilier, propose des conditions compétitives pour les non-résidents avec un processus digitalisé.

Remboursement en devises

Certaines banques proposent aux MRE et aux étrangers de rembourser leur crédit en devises (euros, dollars, etc.) directement depuis leur pays de résidence. Cette option simplifie la gestion mais expose au risque de change : si le dirham se déprécie par rapport à votre devise, vos mensualités effectives diminuent, et inversement.

Frais d’acquisition détaillés

Pour un bien d’une valeur de 1 500 000 MAD, voici le détail des frais à prévoir :

PosteMontantPourcentage
Droits d’enregistrement60 000 MAD4,00%
Conservation foncière22 600 MAD1,51%
Honoraires notaire (HT)15 000 MAD1,00%
TVA sur honoraires notaire3 000 MAD0,20%
Timbres fiscaux500 MAD0,03%
Commission agence (si applicable)37 500 MAD2,50%
Total sans agence101 100 MAD6,74%
Total avec agence138 600 MAD9,24%

Ces frais sont à la charge de l’acheteur et doivent être payés au moment de la signature de l’acte définitif.

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Gestion à distance

La problématique du propriétaire non-résident

Posséder un bien au Maroc depuis l’étranger pose des défis pratiques : qui gère les locataires, le ménage, les réparations, les impôts ? Plusieurs options s’offrent à vous.

Option 1 : Gestionnaire de biens professionnel

Les sociétés de gestion locative (property management) se développent au Maroc, notamment à Marrakech, Tanger et Casablanca. Elles prennent en charge la totalité de la gestion : mise en location, accueil des locataires, ménage, maintenance, déclarations fiscales. Leurs honoraires varient de 15 à 25% du revenu brut pour de la location Airbnb et de 8 à 12% pour de la location longue durée.

Option 2 : Gardien ou concierge local

Pour les villas et riads, un gardien à demeure peut assurer la surveillance du bien, l’accueil des locataires et les petites réparations. Le salaire d’un gardien se situe entre 2 500 et 4 000 MAD/mois (SMIG inclus), auquel il faut ajouter les charges sociales (CNSS) d’environ 26% du salaire brut.

Option 3 : Membre de la famille ou personne de confiance

Beaucoup de MRE confient la gestion de leur bien à un membre de la famille au Maroc. Cette solution est la moins coûteuse mais peut générer des tensions familiales. Formalisez la relation par une procuration notariée et des accords clairs sur la rémunération.

Outils de gestion à distance

La digitalisation facilite la gestion à distance : les banques marocaines offrent toutes des services de banque en ligne et des applications mobiles. Les plateformes de location (Airbnb, Booking) permettent de gérer les réservations depuis n’importe où. Les services de paiement de factures en ligne (eau, électricité via l’application Lydec ou Radeema) sont disponibles. La déclaration fiscale en ligne via le portail de la DGI (Direction Générale des Impôts) simplifie les obligations administratives.

Pièges à éviter

Ne pas vérifier le titre foncier

C’est l’erreur la plus grave. Un bien sans titre foncier propre, ou avec des charges non déclarées, peut vous entraîner dans des années de litiges. Exigez un certificat de propriété récent et faites vérifier le titre par votre notaire avant de signer quoi que ce soit.

Acheter sans être présent

Bien que l’achat par procuration soit légalement possible, la première acquisition devrait idéalement se faire en personne. Visitez le bien, rencontrez le vendeur, parcourez le quartier à différentes heures de la journée. Les photos et les vidéos ne remplacent pas une visite physique.

Négliger la réglementation des changes

Si vous ne suivez pas la procédure de l’Office des Changes (transfert en devises via un compte convertible), vous perdez la garantie de rapatriement. Cela signifie que vous ne pourrez pas transférer le produit de la revente vers votre pays de résidence. Cette erreur est irréversible.

Sous-estimer les délais administratifs

Les démarches administratives au Maroc prennent du temps. L’immatriculation d’un bien non titré peut prendre 6 mois à 2 ans. L’obtention d’un permis de construire pour des travaux de rénovation peut prendre 2 à 6 mois. La résolution d’un litige foncier peut s’étendre sur plusieurs années. Intégrez ces délais dans votre planning.

Acheter sur plan sans garanties

L’achat en VEFA (sur plan) est courant au Maroc mais comporte des risques de retard de livraison, de non-conformité, voire de défaillance du promoteur. Privilégiez les promoteurs établis, vérifiez les garanties bancaires d’achèvement, et n’effectuez les paiements échelonnés qu’en fonction de l’avancement réel des travaux.

Ignorer les charges de copropriété

Dans les résidences avec piscine, gardiennage et espaces verts, les charges de copropriété peuvent atteindre 500 à 2 000 MAD/mois. Renseignez-vous avant l’achat sur le montant des charges, l’état de la trésorerie du syndic, et les travaux votés ou prévus.

Ne pas prévoir de budget pour les travaux

Les biens anciens, notamment les riads dans les médinas, nécessitent souvent des travaux de rénovation importants. La rénovation complète d’un riad coûte entre 5 000 et 15 000 MAD/m² selon le standing visé. Prévoyez un budget travaux d’au moins 15 à 25% du prix d’achat pour un bien ancien.

Conclusion

Acheter un bien immobilier au Maroc en tant qu’étranger ou MRE est une opération accessible, sécurisée et potentiellement très rentable, à condition de respecter les règles du jeu : vérification juridique rigoureuse, respect de la réglementation des changes, et gestion fiscale optimisée.

Le marché marocain offre en 2026 des conditions particulièrement favorables : des prix encore raisonnables par rapport aux standards internationaux, des taux de crédit historiquement bas, un programme d’aide étatique pour les primo-accédants, et la perspective de la Coupe du Monde 2030 qui promet une revalorisation significative des biens dans les villes hôtes.

Prenez le temps de bien vous entourer (notaire, fiscaliste, gestionnaire de biens) et de comprendre les spécificités du marché marocain avant de vous engager. Les outils de simulation ci-dessous vous aideront à chiffrer votre projet et à prendre une décision éclairée.

Questions fréquentes

Un étranger peut-il acheter un bien immobilier au Maroc ?
Oui, les étrangers (non-marocains) peuvent librement acheter des biens immobiliers au Maroc, à l'exception des terrains agricoles situés en zone rurale. Il n'y a pas de restriction sur le nombre de biens ni sur le type (appartement, villa, riad, terrain urbain, local commercial). L'achat se fait devant notaire avec les mêmes droits et protections que pour un Marocain.
Quels sont les frais d'acquisition pour un étranger au Maroc ?
Les frais sont identiques pour les étrangers et les Marocains : droits d'enregistrement de 4% du prix d'achat, frais de conservation foncière de 1,5% + 100 MAD, honoraires du notaire de 0,5 à 1,5% HT (minimum 2 500 MAD), TVA sur les honoraires du notaire de 20%, et timbres fiscaux (quelques centaines de MAD). Au total, comptez environ 6 à 7% du prix d'achat.
Comment transférer des fonds depuis l'étranger pour acheter au Maroc ?
Le transfert doit passer par un compte en devises convertibles ouvert auprès d'une banque marocaine. L'Office des Changes autorise le rapatriement des fonds investis et des plus-values lors de la revente, à condition que l'investissement initial ait été réalisé en devises et que les transferts soient traçables. Conservez tous les justificatifs (avis de crédit, swift bancaires).
Un MRE doit-il payer des impôts au Maroc sur son bien immobilier ?
Oui, la propriété immobilière au Maroc génère des obligations fiscales locales quel que soit le lieu de résidence du propriétaire : taxe d'habitation et taxe des services communaux (pour les biens non loués), impôt sur les revenus locatifs (si le bien est loué), et taxe sur les profits immobiliers en cas de revente. La convention de non-double imposition entre le Maroc et la France (ou le pays de résidence) évite de payer deux fois.
Peut-on rapatrier les fonds en cas de revente du bien ?
Oui, l'Office des Changes garantit le rapatriement du capital investi et de la plus-value nette (après impôts) à condition que l'investissement initial ait été financé par des devises importées via un compte convertible. La banque émettra un certificat de rapatriement sur présentation du dossier complet (acte d'achat, acte de vente, justificatifs de transferts initiaux, quitus fiscal).